Le métal jaune précieux d’Afrique attise des conflits du Soudan au Sahel, sur fond d’appétences et de rivalités effrénées autour d’un sous-sol devenu enjeu géostratégique mondial, alors que les populations paient le prix fort et chronique de guerre, d’exils.
Le métal précieux « or », considéré depuis la nuit du temps comme une des richesses offertes par la nature et qui attirent de nos jours, de vifs intérêts au cœur de l’échiquier géostratégique et politique mondial. Les grandes puissances étrangères, des groupes armés étatiques et non étatiques, ainsi que des trafiquants internationaux de tout ordre, se livrent à une démonstration de force dans le but d’acquérir ce métal convoité.
Du Soudan, à travers le Darfour, jusqu’aux États du Sahel, l’or constitue une ressource qui alimente des situations complexes à géométrie variables, reposant sur des enjeux politiques et socio-économiques. Dans les pays aurifères d’Afrique tels que le Soudan, le Mali, Le Burkina-Faso, le Niger, le Tchad, la République centrafricaine ou la Libye, ce métal est désormais perçu comme une arme et un instrument d’influence. Plusieurs groupes armés, forces rebelles, sectes jihadistes et milices locales cherchent à contrôler des sites aurifères. Toutes ces entités fondent d’immenses espoirs sur ces ressources, capables d’alimenter la prolongation de leurs actions guerrières. Les États impliqués, directement ou indirectement, dans cette course à l’or sont notamment les grandes puissances. Certains pays dominent le commerce et le raffinage ; d’autres tentent d’en réguler la production. Derrière les discours sur la lutte contre le terrorisme et la promotion du développement durable se cache une véritable guerre économique pour l’accès à une ressource vitale dans un monde en mutation.
Dans un contexte économique mondial incertain, marqué par la guerre entre la Russie et l’Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, l’or redevient une valeur refuge. Les grandes puissances cherchent à sécuriser leurs réserves, quitte à alimenter l’instabilité africaine. Pendant ce temps, les pays producteurs peinent à affirmer leur souveraineté sur leurs ressources, faute d’institutions solides et de politiques minières transparentes. Cette guerre de l’or illustre les failles profondes du continent africain et la persistance des ambitions extérieures. Entre les intérêts économiques des puissances étrangères et la pauvreté des populations locales, l’Afrique demeure le théâtre de la scène d’or. De sa couleur jaune, se transforme en rouge du sang. Seule une coopération sous-régionale, régionale et continentale, fondée sur la défense des intérêts du continent et la valorisation locale des ressources, pourrait briser ce cercle vicieux où la richesse naturelle devient une malédiction pour l’Afrique et ses peuples.
ABSF

