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« HADAD » OU TRAVAIL DE FER : QUAND L’IGNORANCE DÉVALORISE UN MÉTIER ESSENTIEL DE LA SOCIÉTÉ

Dans de nombreuses sociétés, le travail du fer, celui des forgerons, communément appelés « hadad », expression arabe. Dans certains contextes au Tchad, ce métier est malheureusement entouré de préjugés persistants.


Ce métier essentiel, qui a accompagné l’humanité depuis ses origines, est encore trop souvent associé à des jugements sociaux dévalorisants, voire à une forme de mépris injustifié. Pourtant, il est important de rappeler une vérité simple : sans le travail du fer, aucune société moderne ne pourrait fonctionner. Des véhicules aux avions, des outils agricoles aux infrastructures, en passant par les équipements médicaux et industriels, le fer et ses transformations sont au cœur de la vie quotidienne. Le forgeron n’est donc pas un marginal, mais un acteur fondamental du progrès humain. Au Tchad, comme dans d’autres contextes, certaines représentations sociales continuent malheureusement de coller une étiquette réductrice à ceux qui exercent ce métier. Ces perceptions ne reposent ni sur la religion, ni sur la science, ni sur la raison. Elles sont le produit d’héritages culturels mal enseigné ou pas compris, de transmissions sociales non questionnées et, surtout, d’une méconnaissance profonde de la valeur réelle du métier. Il est important de souligner que ni l’islam, ni le christianisme, ni aucune autre religion ne dévalorise le travail honnête de (forge). Au contraire, toutes les traditions religieuses dignes de ce nom exaltent le travail, la dignité humaine et le respect du prochain. Assimiler un métier noble à une quelconque infériorité sociale relève donc d’une lecture erronée et injustifiable.
La stigmatisation de certains métiers révèle souvent un problème plus profond : celui de l’ignorance et du manque d’éducation sociale. Considérer un artisan du fer comme inférieur n’est pas seulement injuste envers l’individu, c’est aussi un frein au développement collectif. Une société qui méprise ses artisans méprise en réalité ses propres fondations. Car ce sont eux qui bâtissent, réparent et entretiennent les outils du quotidien. Sans eux, aucun développement économique, industriel ou même domestique n’est possible.
Il est temps de rompre avec ces représentations héritées d’un autre âge. Dans un monde moderne où les compétences techniques et artisanales sont de plus en plus valorisées, continuer à discriminer un métier aussi essentiel est un contre-sens historique.
Le respect doit être rétabli à tous les niveaux : dans les familles, dans les communautés, dans les discours publics et dans l’éducation des jeunes générations. Valoriser le travail du fer, c’est valoriser la dignité humaine elle-même. Le travail du fer n’est ni une honte, ni une marque d’infériorité sociale. C’est un métier noble, utile et indispensable. Ceux qui le pratiquent méritent respect et reconnaissance, et non exclusion ou mépris. Il est temps que les sociétés se libèrent de ces jugements dépassés et construisent une culture fondée sur le mérite, la compétence et la dignité du travail, quel qu’il soit.

Dr. Abbas Abakar Abbas

Abbas Abakar Abbas
Abbas Abakar Abbashttp://www.lanationtchad.com
La Nation.Tchad, est un journal en ligne d'informations générales et d'analyses d'actualités nationales (Tchad) et internationales, qui a pour ligne éditoriale la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent, ainsi qu'une vie de paix dans les pays du Bassin du Lac-Tchad et du Sahel: œuvrer pour un changement de mentalité positive de la population
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