Donnant le coup d’envoi du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS), ce 20 août 2022, au palais de 15 janvier, comme c’était en 1993 par son père le feu Idriss DebyItno. Le Président du Conseil Militaire de Transition (CMT), Mahamat Idriss Deby Itno (MIDI) a prononcé un discours d’ouverture devant un parterre de 900 invités venus de part le monde et du Tchad profond. Le Président MIDI a entamé son discours d’ouverture en rendant grâce à l’Eternel pour la tenue de cet événement. En teneur, voici l’extrait de son discours.
» Après une longue attente et plusieurs mois de travail laborieux mené par le Comité d’Organisation du Dialogue National Inclusif, que nous pouvons lancer les débats sur les valeurs qui refonderont notre République. Dans la vie des Hommes, les jours se suivent, mais ils ne se ressemblent guère. Il y a des jours qui marquent. Des jours empreints, des souvenirs qui resteront à jamais gravés dans la mémoire collective. Ce 20 Août 2022 fait partie de ces jours. Aujourd’hui, nous nous retrouvons à un tournant décisif de l’histoire de notre pays. Car dans quelques instants nous allons poser les premiers jalons de la refondation de notre République. Les jalons que nous allons, tous ensemble, poser ici, maintenant et les jours qui suivront nous engagent tous. Au regard des enjeux et des espoirs entourant ce dialogue, chacun et chacune de nous doit prendre la pleine mesure de la responsabilité qui est la sienne, devant Dieu, devant l’Histoire et devant la Nation toute entière. En cette circonstance historique marquant l’ouverture solennelle des assises du Dialogue National Inclusif et Souverain, j’ai une pensée pieuse pour tous les martyrs qui se sont sacrifiés pour la cause nationale. Je salue la mémoire du défunt Maréchal du Tchad IDRISS DEBY ITNO qui s’est battu, jusqu’à la dernière goutte de son sang, pour le Tchad, son plus précieux de son sang. Le 20 avril 2021, le monde médusé apprenait le décès tragique du Maréchal du Tchad. Cette date restera gravée dans les annales de notre passé commun comme un jour triste. Face aux menaces graves sur l’existence de notre pays en tant qu’État et dans un contexte d’incertitudes, le Haut Commandement de l’Armée Nationale Tchadienne a décidé de prendre ses responsabilités, en mettant en place le Conseil Militaire de Transition. Il s’est alors engagé à maintenir l’ordre public, à défendre l’intégrité du territoire nationale et protéger notre indépendance et à préserver la paix sociale. L’une de ses premières actions fut l’élaboration d’une Charte de Transition, dans laquelle sont définies ses missions.
Afin d’assurer une gestion consensuelle de l’état durant cette transition, nous avons mis en place un Gouvernement de large/ouverture et un Conseil National de Transition, tous deux représentatifs de l’ensemble des forces vives du pays. Au lendemain de ma désignation à la magistrature suprême, j’ai fait du rassemblement des Tchadiennes et des Tchadiens une priorité. Il a été aussitôt annoncé la tenue d’un dialogue national inclusif, impliquant l’ensemble des sensibilités du Tchad. J’ai mis un point d’honneur sur le caractère inclusif de ce dialogue, de sorte qu’aucun tchadien pour quelque motif, n’en soit écarté. C’était pour moi, un engagement sur l’honneur et sur mon propre serment de soldat: Servir, Mourir mais jamais, Jamais Trahir . Voilà que par la grâce du Tout Puissant, nous sommes aujourd’hui réunis dans cette salle, pour corriger ensemble les erreurs de notre histoire et tracer les sillons d’un nouveau départ. En 1993, nombre de dignes fils du Tchad se sont retrouvés, ici, dans cette même enceinte, pour discuter de l’avenir de leur pays. Près de 30 ans après cette rencontre, nous nous retrouvons une nouvelle fois, pour le seul, même et unique objectif: parler de l’avenir du Tchad. Parler du Tchad de demain, c’est aborder sans complaisance, en toute responsabilité, toutes les problématiques qui sapent l’unité nationale, disloquent le vivre-ensemble, compromettent la paix, mettent à mal la stabilité, brisent le sentiment national et anéantissent les efforts de développement. Parler du Tchad de demain, c’est simplement, mes chers frères et sœurs, s’interroger sur nos actes individuels et collectifs. Nous sommes, en effet, appelés à faire un examen approfondi de notre conscience collective, pour identifier les vices et les erreurs qui ont handicapé la mise en œuvre de pertinentes résolutions prises en 1993. Cela passe par l’écoute et le dialogue. Sans passion, dans la sérénité et la patience, nous devons être capables de mener une réflexion libérée des contraintes classiques, nous pardonner, nous mettre d’accord et cheminer ensemble sur de nouvelles bases. Le pardon est la plus belle fleur de la victoire, dit-on. Il nous faut le pardon pour une victoire, une victoire de nous-mêmes sur nous-mêmes. Cet examen de conscience est un impératif absolu. Il s’impose à toutes les Tchadiennes et tous les Tchadiens, ceux de ni l’intérieur du pays et de la diaspora. Notre pays, certes, a connu, des périodes troubles mais toutes les fois, nous avons trouvé l’inspiration, la force, le ressort et le courage nécessaires pour le relever. Le Tchad est resté vaillamment debout. Debout et à l’ouvrage comme le dit notre hymne national. Cette force et cette abnégation sont irriguées par notre foi en l’avenir de ce pays. Vous le savez tous, chrétiens, musulmans ou animistes, nous sommes un peuple fondamentalement croyant. C’est pourquoi, je vous invite tous à avoir foi en l’avenir de notre pays, en nous engageant résolument pour un Nouveau Contrat Social, dont vous aurez la charge de déterminer les contours. Ce Nouveau Contrat Social, qui sera proposé à notre peuple au sortir de ces assises, devra avoir pour socle, la justice sociale, l’amour du prochain et l’acceptation de l’autre dans sa différence. Nos différences participent de notre richesse. Nos traits d’union sont autrement plus nombreux, plus importants et plus forts que nos points de désaccords. J’ai l’intime conviction que rien de durable ne peut être conçu et fait sans la paix des cœurs. Plus rien ne justifie quelles Tchadiens selfassent la guerre. Nous avons un pays vaste et rempli de grandes potentialités et des opportunités pour tout le monde. Vous avez tous été témoins du processus ayant conduit à ces assises. Tous ensemble nous n’avons économisé, ni notre énergie, ni nos moyens, ni notre temps, encore moins nos prières. Tout ceci dans la recherche du consensus transcendant tous nos clivages. Nous avons privilégié l’intérêt supérieur de notre peuple, qui nous commande d’œuvrer pour un Tchad uni, stable, fort, prospère qui soit un havre de paix. En ce lieu, il est essentiel de rendre un hommage mérité, à chacune et à chacun d’entre vous, pour votre implication décisive et votre sens élevé du patriotisme. Durant la phase de pré-dialogue, toutes les forces vives se sont réunies, dans les différentes provinces et à l’étranger dans de nombreux pays où vivent nos compatriotes. Les échanges ont été menés dans une atmosphère empreinte de cordialité et de fraternité. Toute la richesse tirée de ces échanges servira, j’en suis convaincu, de repères pour vos discussions à venir. Au terme de difficiles et franches discussions, un accord a été conclu à Doha. Ce qui a permis aujourd’hui la présence de nos frères politico-militaires dans cette salle ».
OUYESS

