Le 1er décembre 1990 marque un tournant majeur dans l’histoire politique du Tchad. Ce jour-là, la chute du régime d’Hissein Habré et l’arrivée au pouvoir d’Idriss Déby Itno ouvrent officiellement la voie à un processus de démocratisation présenté comme une rupture avec les décennies de dictature, de violences politiques et de centralisation autoritaire que les tchadiens vivaient depuis 1982.
Dès 1991, la Charte nationale de transition annonce les principes d’un État de droit, tandis que la Conférence Nationale Souveraine (CNS) de janvier à avril 1993 constitue l’un des moments fondateurs d’un pluralisme politique encadré. L’adoption de la Constitution de 1996, par référendum, suivie des premières élections pluralistes la même année, semble confirmer l’engagement du pays sur la voie démocratique. Le multipartisme s’installe, avec jusqu’à nos jours près de 300 partis politiques; une presse privée émerge, plus de 200 organes médias privés : presse écrite, radiodiffusions en FM; audiovisuels; et médias en ligne. Une société civile présente jouant un rôle plus visible. Quoi qu’on dise le Tchad est un pays démocratique depuis 1990.
Ce processus s’accompagne par des rébellions répétées, des tensions communautaires. Après la mort d’Idriss Déby Itno en avril 2021 et l’instauration du Conseil Militaire de Transition, un Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS) a été organisé en 2022, suivi du référendum constitutionnel de 2023 et des élections présidentielle et législatives, locales et du Sénat en 2024, ouvre une nouvelle phase, marquée par le retour à l’ordre constitutionnel.
Trente-cinq ans après le 1er décembre 1990, le Tchad demeure engagé dans le processus démocratique. Il est vrai que le fondement du pluralisme existe, sa consolidation est aussi nécessaire primordial pour le Tchad.
La Rédaction de la Nation

