La scène politique sénégalaise connaît un tournant majeur après le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le Président Bassirou Diomaye Faye. Cette décision, intervenue après plusieurs mois de tensions, marque la rupture d’un tandem qui avait porté l’alternance au pouvoir.
Dr. Abbas Abakar Abbas
Quatre jours seulement après son éviction, Ousmane Sonko a été élu Président de l’Assemblée nationale, avec l’appui de la majorité parlementaire avec 132 voix. Ce repositionnement rapide lui permet de conserver un poids politique important, mais désormais sur le terrain législatif. Dans le même temps, le Chef de l’État a nommé un nouveau Premier ministre, traduisant sa volonté de reprendre pleinement le contrôle de l’exécutif et d’imprimer une nouvelle orientation à l’action gouvernementale. Cependant, cette recomposition du pouvoir se déroule dans un climat tendu. Une partie de l’opposition a décidé de boycotter les nouvelles autorités parlementaires, dénonçant une manœuvre politique et mettant en doute la sincérité du processus. Dès lors, deux lectures émergent : pour certains, il s’agit d’un réajustement stratégique, permettant une répartition du pouvoir entre l’exécutif et le législatif ; pour d’autres, cette séquence révèle une fracture réelle, nourrie par des divergences politiques et des ambitions concurrentes. Qu’elle soit tactique ou conflictuelle, cette situation ouvre une période d’incertitude, avec le risque d’un bras de fer institutionnel entre un exécutif renouvelé et une Assemblée nationale désormais dirigée par une figure centrale du pouvoir.

