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TCHAD : 12 FÉVRIER 1979 UNE HISTOIRE DE GUERRE CIVILE QUI DOIT SERVIR DE LEÇON POUR LA PAIX

 

Le 12 février 1979 constitue une date charnière dans l’histoire politique du Tchad. Contrairement à une idée répandue situant le début du conflit en 1980, c’est bien en février 1979 que la guerre civile éclate officiellement, à la suite de violents affrontements à N’Djamena et de l’effondrement progressif du régime du président Félix Malloum.

Cette journée marque la rupture définitive entre le chef de l’État et son Premier ministre, Hissène Habré. Derrière cette crise institutionnelle se dessine une fracture plus profonde, à la fois politique, militaire et sociologique, cristallisant les tensions Nord-Sud qui traversaient le pays depuis l’indépendance.

De la crise politique à l’affrontement armé

Au début de l’année 1979, le Tchad traverse une période d’extrême fragilité. Le régime du général Félix Malloum, déjà affaibli par des divisions internes et une légitimité contestée, doit faire face à la montée en puissance des Forces armées du Nord (FAN) dirigées par Hissène Habré, alors nommé Premier ministre dans une tentative de réconciliation nationale.

Le 12 février 1979, une manifestation au Lycée Félix Eboué de N’Djamena dégénère. Les tensions latentes entre les forces loyalistes et les éléments proches de Habré se transforment rapidement en affrontements ouverts dans la capitale. Ce qui aurait pu rester un épisode de contestation urbaine se mue en confrontation militaire directe entre deux centres de pouvoir rivaux.

La rupture est consommée : l’alliance politique Malloum-Habré vole en éclats. L’armée se divise, l’administration se paralyse, et la capitale devient le théâtre d’intenses combats. L’État tchadien, déjà fragilisé, entre dans une phase de désintégration. En 1980, la guerre des factions et la « guerre de 9 mois ».

Si 1979 marque le déclenchement du conflit, l’année 1980 en constitue l’un des épisodes les plus violents. En mars 1980 débute ce que l’on qualifie souvent de « deuxième guerre civile », opposant principalement les forces de Goukouni Oueddei à celles d’Hissène Habré.

Goukouni Oueddei, Chef du Gouvernement d’Union Nationale de Transition(GUNT), bénéficie notamment du soutien d’autres factions (11 tendances). Hissène Habré, de son côté, s’appuie sur ses forces armées et sur des alliances régionales fluctuantes.

La confrontation entre les 2 hommes plonge N’Djaména dans une guerre urbaine particulièrement destructrice. La « guerre de 9 mois : de 1980 à 1981» laisse la capitale exsangue : quartiers détruits, infrastructures anéanties, économie paralysée. La population civile paie un lourd tribut.

Une fracture nationale durable qui ne se limitent pas à une rivalité personnelle entre leaders. Ils traduisent une crise plus profonde de construction nationale. Depuis l’indépendance en 1960 à cette date de 1979, le Tchad peine à consolider un État unifié, capable d’intégrer ses diversités régionales, ethniques et politiques.

La rupture entre Malloum et Habré accentue la polarisation Nord-Sud, déjà héritée des premières années postcoloniales. Le conflit entraîne :

Une instabilité politique chronique ;

La fragmentation des forces armées en multiples factions ;

La fuite de milliers de réfugiés vers Kousseri au Cameroun et d’autres pays;

Une internationalisation du conflit, notamment à travers l’implication d’autres puissances.

Cette guerre devient ainsi le symbole du basculement d’une crise politique interne vers une guerre ouverte, prolongée et structurelle.

Dans la mémoire collective tchadienne, le 12 février 1979 demeure associé au début de la grande déstabilisation de N’Djamena. Cette date incarne le moment où l’État a perdu le contrôle de sa capitale et où la rivalité politique s’est transformée en affrontement armé généralisé.

Au-delà de la chronologie, cet épisode rappelle la fragilité des compromis politiques dans un contexte de méfiance institutionnelle, de militarisation du pouvoir et de fractures identitaires non résolues.

47 ans après, l’analyse de cette période reste essentielle pour comprendre les dynamiques contemporaines du Tchad : rôle des forces armées, importance des coopérations régionales et du dialogue et mains tendues continuent, pour la prévention des crises, reste la bonne forme pour garder et préserver la paix et la stabilité durables dans notre pays. Chacun doit tirer les leçons nécessaires, afin de garder jalousement cette paix acquise, pour que le Tchad pense désormais à son développement, loin de conflits et des idées bellicistes. Vivons et espérons toujours la paix pour ce pays!

 

Dr. Abbas Abakar Abbas

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