Depuis plus d’une décennie, Boko Haram impose sa violence dans le Bassin du Lac-Tchad, laissant derrière lui un lourd bilan humain, social et économique. Attaques contre des villages, enlèvements de civils, enrôlement forcé de jeunes, violences faites aux femmes : le mode opératoire du groupe repose sur la terreur et la déstabilisation des sociétés locales. Au-delà des pertes humaines, l’impact est profond et durable. Des milliers de familles ont été déplacées, des écoles et centres de santé détruits, et des activités économiques paralysées. Dans certaines zones, l’insécurité chronique a installé la précarité comme norme, compromettant toute perspective de développement. Boko Haram ne mène pas seulement une guerre armée ; il déploie également une stratégie idéologique. À travers des discours religieux dévoyés, le groupe cherche à influencer des populations fragilisées, en particulier les jeunes confrontés à la pauvreté et au manque de repères. Cette propagande constitue un levier central de son recrutement. Face à cette menace, les forces de défense et de sécurité jouent un rôle déterminant. Engagées sur le terrain dans des conditions difficiles, elles assurent la protection des populations et la défense de l’intégrité territoriale. Leur action, souvent discrète, reste un pilier de la stabilité nationale.
Mais la réponse ne peut être uniquement militaire. La vigilance citoyenne est essentielle. Signaler les comportements suspects, refuser les discours extrémistes et renforcer la solidarité communautaire sont autant d’actes qui contribuent à endiguer le phénomène.
Dans ce contexte, la confiance envers les forces de défense et de sécurité doit être consolidée. Car c’est dans l’unité, la lucidité et la coopération entre citoyens et institutions que réside la véritable réponse à l’extrémisme violent.
Dr. Abbas Abakar Abbas

