mardi, mars 31, 2026
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MALI : LES JIHADISTES ASSIEGÉNT BAMAKO, LA POPULATION INQUIÉTE. QUELS ENJEUX ?

 

Deux principaux groupes armés jihadistes se distinguent au Mali : Jamat Nousrat Al‑Islam wal Muslimin (JNIM), affilié à Al‑Qaïda. Ce groupe est actif depuis plusieurs années au Mali et dans le Sahel. Il revendique de très nombreuses attaques contre les forces maliennes, ciblant également des infrastructures. « Islamic State in the Greater Sahara » (ISGS), affilié à État islamique, ce groupe a pratiquement doublé son emprise territoriale au Mali en moins d’un an, selon des experts de l’ONU.
Ces groupes exploitent la porosité des frontières, l’insécurité économique et sociale, ainsi que le contexte géopolitique instable. Les jihadistes ne se contentent plus d’attaquer : ils prennent le contrôle de zones, imposent des « services », exercent des formes de gouvernance locale, basée sur le jihad. JNIM a élargi son influence sur une vaste étendue de territoire, l’ampleur exacte restant encore floue se finançant par collecte de taxes et prises d’otages. Un exemple très concret de leur stratégie est le blocus du carburant : depuis septembre 2025, les jihadistes du JNIM bloquent les convois de carburant entrant dans la capitale Bamako et d’autres villes, provoquant une crise économique et sociale majeure : pannes d’électricité, arrêt de l’agriculture, fermeture des écoles. Des bases de l’armée malienne ont été ciblées dans plusieurs régions.

Stratégie paramilitaire et hybride des jihadistes : ils mêlent attaques militaires, gouvernance locale, blocus économique, kidnappings, taxation. Comme mentionné : «leur objectif stratégique est de faire tomber le régime». Une crise humanitaire et sociale : blackout à Mopti, écoles fermées, économie au point mort…
Renforcement de la légitimité des jihadistes : en s’imposant comme acteurs de «protection» ou d’ordre là où l’État n’est plus présent, ils peuvent gagner un ancrage local. Certains observateurs estiment que la capitale pourrait être menacée, ce qui serait un tournant majeur.

L’appel de l’Union Africaine à une action coordonnée montre l’urgence d’un effort conjugué. Les frontières étant perméables, il faut une action transfrontalière, un renseignement partagé, un soutien technique et logistique.
La lutte contre l’extrémisme doit passer par des programmes de développement, d’inclusion, de soutien aux jeunes et aux zones rurales marginalisées. L’insécurité croît souvent là où il n’y a pas de perspectives. L’avancée des groupes jihadistes au Mali n’est pas seulement une question de sécurité militaire : elle est avant tout un indicateur de l’érosion de l’autorité de l’État, de la fragilité de la gouvernance et de la désespérance sociale pensent certains observateurs. Le phénomène dépasse les combats armés : c’est une forme de « substitution » de l’État, que les jihadistes tentent d’opérer. Si rien n’est fait, les scénarios de basculement, où ces groupes contrôlent des zones larges et stratégiques ne sont plus purement hypothétiques.

LA REDACTION

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